On peut fréquemment lire dans la presse ou entendre à la radio que les entreprises des pays industrialisés (France, Grande Bretagne, Allemagne, Etats-Unis, ...) versent aux femmes des rémunérations inférieures à celles qu’elles versent aux hommes pour un même travail accompli. Bien rares les journalistes ou les hommes politiques qui n’ont pas dénoncé les "salaires féminins inférieurs" à un moment ou à un autre de leur carrière. Voici quelques exemples.
Michel Rocard, un homme politique dont on n’entend plus beaucoup parler aujourd’hui mais qui a eu son heure de célébrité déclarait il y a quelques années : " S’il y a discrimination dans notre société , elles continuent de frapper davantage les femmes dont les salaires restent inférieurs d’environ 20 % à ceux des hommes "
Plus près de nous, Lionel Jospin : " Je vous rappelle que les femmes subissent encore en France des discriminations importantes, par exemple dans le travail : les écarts de salaires entre ceux des hommes et des femmes sont encore d’environ 30 % en moyenne ".
Exmples non limitatifs, bien sûr...
Les élus locaux, eux aussi, sont de la partie. Ainsi, Christine Bruneau, Maire adjoint chargée des Affaires générales, Ressources humaines, Affaires juridiques et contentieuses : " Lorsque nous observons aujourd’hui les différentiels de salaires réservés aux femmes à postes équivalents (jusqu’à 24% de différence), nous pouvons constater le défaut de mise en œuvre des textes majeurs internationaux. " (Boulogne-Billancourt Infos, bulletin de la municipalité de Boulogne).
Descendons encore dans la hiérarchie sociale. Ainsi, une simple citoyenne me demandait dernièrement : " Cela vous plairait-il de voir votre salaire amputé de 20 % parce que vous êtes une femme ? ".
S’il y a des questions qui divisent les Français, ce n’est pas le cas des salaires féminins injustement inférieurs. Du haut en bas de la pyramide sociale, du nord au sud du pays, il semble y avoir une unanimité sur cette question : les femmes sont victimes d’une injustice. Est-ce réellement le cas ? Et si oui, pourquoi les entreprises agissent-elles ainsi ? Je l’ignore, mais je suppose que ceux qui le disent ont la réponse.
La démocratie naît de la violence. Toujours.
Cela a été le cas de la démocratie en France. La révolution française a ouvert une période de violence qui a duré presque un siècle et qui s'est achevée, en 1871, par la Commune de Paris (cinquante mille morts). Après quoi le peuple, vaincu, dompté, a renoncé à se battre. L'ère de la démocratie pacifiée que nous connaissons aujourd'hui a pu commencer.
Aujourd'hui, les Américains sont en train d'installer la démocratie en Irak. Ce processus est, bien sûr, un processus violent. L'instauration de la démocratie se fait à coup de bombardements aériens, de bombes à fragmentation, de missiles, de chars, de canons, de mitrailleuses... Un jour viendra où le peuple irakien, las de compter ses morts, vaincu, démoralisé, se soumettra. Il renoncera à se battre. L'ère de la démocratie pacifiée pourra alors commencer.
Dans un article paru dans le quotidien français " Le Parisien ", (22 août 2004), l’animatrice de télévision Christine Bravo explique pourquoi elle n’a plus envie de diriger une émission : "Le Conseil supérieur de l'audiovisuel nous interdit trop de choses. On n'a plus le droit de rien dire. On ne peut plus dire Ferrari, comme si tout le monde allait se précipiter pour en acheter une. Pareil pour Coca. C'est devenu une sorte de prison."
Qu’est-ce donc que ce " Conseil Supérieur de l'Audiovisuel ", sinon une police de l'audiovisuel ? Dans une société moderne, démocratique, tous les modes d'expression, qu'il s'agisse du cinéma, de la presse, de l'édition, etc., sont contrôlés. Mais ils ne sont pas tous contrôlés de la même manière, ni nécessairement par les mêmes organismes, ni avec la même rigueur. On peut dire, de manière générale, que plus un média a d'audience, plus le contrôle qui s'exerce sur lui est strict. C'est pourquoi l'audiovisuel, tout particulièrement la télévision, dont l'audience est de loin la plus importante, est le plus strictement contrôlé. Coluche disait: "A la télévision, on peut pas dire la vérité. C'est pas possible, il y a trop de monde qui regarde". A contrario, le contrôle des organes marginaux, par exemple les petits journaux à diffusion confidentielle, est bien moins rigoureux car le contrôle croit de façon exponentielle avec l'audience.
Ce qui est hallucinant, dès qu'on y réfléchit un peu, c'est la contradiction entre la réalité et la manière rose bonbon dont cette réalité est représentée. On parle de la liberté d'expression ou de la liberté de la presse comme si elles existaient vraiment. Officiellement, les Français sont "attachés à la liberté d'expression". L'association "Reporters sans Frontière" nous incite chaque année à défendre "la liberté de la presse" (avant qu'on nous en prive !). Ou encore, on nous dit que la liberté de la presse est " menacée " (c’est le terme consacré). Mais, pour qu’elle puisse l’être, il faudrait d’abord qu’elle existe...
L'un des faits qui permet cette contradiction, c'est que les choses ne sont pas nommées. Il y a, effectivement, un contrôle de toutes les formes d'expression des opinions, mais le mot de contrôle n'est jamais employé. On ne parle que de liberté. Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel est véritablement une autorité, une police, mais les mots de "police" ou d’ " autorité " ne sont jamais prononcés. On dit qu'il s'agit d'un "conseil". Or, il y a une grande différence entre un conseil et une autorité. Un conseil donne des avis que l'on est libre ou non de suivre. Une autorité a le pouvoir d'ordonner et de punir en cas de désobéissance. Et tel est bien le cas du CSA.