Cyberfuss
 

Dimanche 28 novembre 2004

Beaucoup de femmes considèrent que leurs relations économiques avec les hommes doivent être inégales : dans ses relations avec les femmes, l'homme doit donner plus qu'il ne reçoit et inversement la femme doit recevoir plus qu'elle ne donne. C'est à ces conditions seulement que trop de femmes acceptent les relations avec les hommes. Elles se disent : si je donne 100 et que je reçois 100, c'est une opération blanche. Je ne gagne rien. Où est mon intérêt ? Autant rester seule.

La théorie de l'échange inégal s'applique dans le mariage ou la vie commune avec un homme. La secrétaire recherche un PDG, l'infirmière un médecin, l'hôtesse de l'air un pilote. Cela se sent d'ailleurs très bien dans la rédaction des petites annonces matrimoniales ou de rencontre. Les hommes recherchent une femme " pour la combler ". Les femmes recherchent un homme " qui saura lui apporter tout ce qu'elle désire ".

Il y en a quelque temps, j'ai discuté avec une femme qui avait épousé un ingénieur EDF. Elle-même travaillait comme enseignante au moment de son mariage. Elle m'a expliqué qu'elle n'était pas restée longtemps enseignante : " Avec un mari ingénieur, je pouvais me le permettre. Je me suis consacrée à l'éducation de ma fille. " Ce qu'elle n'a pas dit, c'est qu'elle n'aurait évidemment pas permis à son mari ce qu'elle s'est permis à elle-même. Elle n'aurait pas accepté que son mari lui dise un beau matin : " Ma chérie, je vais abandonner mon travail pour me consacrer uniquement à notre fille... Débrouille toi pour nous faire vivre tous les trois. "

L'opération se déroule ainsi en deux temps. Dans un premier temps la femme recherche un homme qui gagne plus qu'elle de manière que l'échange soit inégal. Dans un second temps, elle rend cet échange encore plus inégal en cessant de travailler tout à fait. D'où l'intérêt de sélectionner un mâle qui rapporte suffisamment pour trois ou quatre personnes. Il ne lui reste plus alors qu'à relever les compteurs. On pourrait dire que la femme est le proxénète de l'homme.

La théorie de l'échange inégal s'explique, d'un point de vue féminin, par le fait que beaucoup de femmes considèrent que leur corps a plus de valeur que celui d'un homme. Elles pensent que les hommes sont moins beaux qu’elles ; que les hommes ont beaucoup de plaisir à être avec elles, à les regarder. Par conséquent ils doivent payer. Quand un homme va au cinéma ou au théâtre, il doit payer sa place, non ? Quand il déjeune avec une femme, c'est la même chose, il doit payer sa place. Et le prix de la place, c'est le repas de la femme qu'il doit payer en plus du sien.

Mais pourquoi les hommes acceptent-ils ? Parce qu'ils n'ont pas le choix. Les hommes ont deux possibilités : rester seuls ou payer. Il y a aussi la question des enfants. Les femmes ont l'exclusivité des droits sur la reproduction. Elles peuvent imposer la paternité à un homme qui n'en veut pas. Ou bien au contraire, elles peuvent la refuser à un homme qui la désire. Une femme peut faire un enfant toute seule. L'homme ne le peut pas. À quoi cela servirait-il à une femme de faire un enfant avec un homme si cela ne lui rapporte rien ? La conséquence, c'est que l'homme doit payer.

Isabelle Alonso est très choquée par la prostitution. Ce qui la choque, ce n'est pas que l'homme paie, mais qu'il ne paie pas assez. "On ne va pas, nous, au coin de la rue acheter un homme pour quelques kopecks". Ce qui la choque, c'est que l'homme ne paie que "quelques kopecks". Cela provoque sa fureur. La dignité de la femme mérite quelques millions de dollars, pas quelques kopecks.

On veut aujourd'hui interdire la prostitution, mais cela n'a rien à voir avec la défense des prostituées. Les prétendus abolitionnistes se soucient d'elles comme d'une guigne. Ce qui les irrite, c'est que la prostitution est un mode peu rentable d'exploitation de la sexualité masculine. Ils pensent, à juste titre, qu'il existe des modes d'exploitation plus rentables comme le mariage. L'objectif n'est pas de défendre les prostituées, mais de contraindre les hommes à vivre avec une femme afin de permettre à celle-ci de relever ses compteurs.

Samedi 27 novembre 2004

Comme si les Bridget Jones anglaises - jeunes célibataires citadines, perpétuellement à la recherche d'un partenaire, appelées ainsi en référence au célèbre roman du même nom - n'avaient pas assez de soucis ! Elles vont maintenant devoir faire face à une concurrence nouvelle et redoutable car, annonce The Daily Telegraph, "des Japonaises battantes et fortunées vont déferler sur la Grande-Bretagne à la recherche du prince charmant".

On compte 30 millions de femmes célibataires au Japon. Prenant en compte ce chiffre énorme, une agence matrimoniale, Destina, a eu l'idée de lancer la mode des rencontres longue distance. Elle a constaté, en effet, que les Japonaises se sont entichées des mâles anglais à un point tel qu'elles sont prêtes à traverser la moitié du globe pour tenter leur chance. Et tant pis pour les célibataires britanniques, ces Japonaises, trentenaires pour la plupart, indépendantes et professionnellement brillantes, gagnent en moyenne 50 000 livres (70 000 euros) par an. En outre, habituées à un certain mode de vie, elles ne se plaindront jamais si leur mari s'arrête pour boire un verre le soir avec ses copains.

La raison principale de cette invasion du territoire britannique est que les hommes japonais - bien que 40 % d'entre eux soient célibataires - sont trop conservateurs et vieux jeu au regard de leurs compatriotes. Au Japon, il n'existe que deux choix de vie possibles pour une femme : soit elle travaille et reste célibataire ; soit elle se marie et s'occupe du foyer. Les femmes qui ont bataillé ferme pour réussir leurs études et leur carrière, et gagner ainsi leur indépendance, n'ont aucune envie de faire des compromis en acceptant le rôle que la société leur impose lorsqu'elles se marient.

Cela peut sembler incroyable que des Japonaises franchissent ainsi des milliers de kilomètres pour rencontrer des mâles anglais, mais "le Japon est l'un des pays les plus anglophiles et les Britanniques ont la réputation d'être des gentlemen, plus compréhensifs, plus romantiques et plus communicatifs que le Japonais typique", rappelle le quotidien de Londres.

"Les Japonaises pensent que les Anglais ont une approche beaucoup plus moderne de la vie familiale et du mariage, et ont, en même temps, un profond respect pour les traditions du Japon", explique Hiroko Ozawa, la fondatrice de l'agence Destina. "La Grande-Bretagne est devenue l'une des destinations favorites de ces femmes car, au Japon, elles ont peu de chances de trouver un mari et pratiquement aucune de lui faire partager les tâches domestiques." En outre, le célibat au Japon véhicule une image d'échec, et non d'indépendance. "On surnomme 'gâteau de Noël' une femme célibataire de plus de 25 ans et, à partir de cet âge, on considère qu'elle n'est plus bonne pour le mariage", continue The Daily Telegraph.

En réalité, "le problème vient du fait que les Japonaises sont bien plus modernes que leurs compatriotes hommes. Malheureusement, ces derniers le vivent très mal et n'aiment pas les femmes qui travaillent. Mais, grâce à la vogue de la nourriture et du cinéma japonais, combinée à des voyages bon marché, les Anglais sont en train de découvrir et d'aimer le Japon", se réjouit Masako Masuda, une célibataire âgée de 38 ans qui a vécu trois ans à Londres et sait de quoi elle parle.

Pour les Anglais candidats au mariage, il est indispensable de connaître quelques règles de base de la culture et des traditions du pays en ce domaine, et tout particulièrement celle-ci : il revient à la famille du futur mari de payer les frais de la cérémonie et de la fête du mariage. Enfin, dans la tradition japonaise, c'est la femme qui tient les cordons de la bourse et donne à son mari son argent de poche. L'usage veut que la somme ne dépasse pas 250 livres (350 euros) par mois.

Anne Collet

Courrier international - 26 nov. 2004 Chronique FEMMES D'AILLEURS

Samedi 27 novembre 2004

Sous l'égide de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, un député français a remis un rapport qui évoque les moyens d'écoute des signaux dont disposent les services français de renseignement. Les interceptions ont progressé de 400% en 5 ans. Mais il y a un déficit d'image...
Le député UMP du Tarn Bernard Carayon a rendu le 22 octobre son rapport parlementaire sur le volet renseignement du budget de la Défense nationale, adopté le 4 novembre.
Il révèle que les interceptions, en matière de télécommunications, ont progressé de 400 % en 5 ans, confirmant ainsi l'importance prise par le système français d'écoute "Frenchelon". Les services de renseignement manqueraient cela dit d'effectifs, selon le député UMP. Auteur d'un récent rapport sur l'intelligence économique française, il plaide pour une amélioration l'image de marque de l'espionnage, notamment auprès des grandes écoles.
Moins connu que son grand frère Echelon, le programme français de surveillance des télécommunications, ironiquement surnommé "Frenchelon" par les anglo-saxons, constitue l'un des principaux axes du renseignement français.
Signe de l'importance prise par le recueil et l'exploitation du renseignement d'origine technique et électromagnétique, Bernard Carayon révèle ainsi que les interceptions ont progressé de 400% en 5 ans.
Malgré cette hausse d'activité, le rapport déplore le manque de moyens alloués à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Alors que ses besoins augmentent et qu'Allemands, Britanniques et Américains dotent leurs services respectifs de moyens en progression de 30 % à 40 %, son budget enregistre une baisse de 5%: «En 2004, c'est un total cumulé de 50 millions d'euros de crédits de paiement qui manqueront à la DGSE». Si la situation est jugée «inquiétante», le budget prévoit néanmoins d'aménager et rénover les centres d'interception existants, mais aussi de poursuivre la construction, entamée en 2002, d'un centre en partenariat avec la Direction du renseignement militaire (DRM).
La DRM, créée en 1992 suite à la Guerre du Golfe pour des missions purement militaires (alors que la DGSE oeuvre notamment dans le domaine économique et politique, Ndlr), voit quant à elle son budget augmenter de façon notable: "les dotations de la DRM augmenteront de 20,8 % (à 16,82 millions d'euros), afin de poursuivre la modernisation des équipements qui contribuent au renseignement d'origine électromagnétique stratégique", ainsi que le note Yves Fromion, député UMP du Cher, vice-président de la Commission de la défense et auteur du rapport sur les crédits de l'espace, des communications et du renseignement. Cette activité dispose d'une enveloppe globale estimée à 1,3 milliard d'euros, telle que définie par la loi de programmation militaire, qui court jusqu'en 2008.
L'automatisation de l'interception devrait ainsi être développée en 2004, notamment celle visant les «flux générés par l'utilisation d'Internet» et «la capacité à intercepter de nouveaux systèmes de télécommunications utilisant des codages propriétaires».
Dans le domaine de l'écoute, la France disposait jusqu'ici, outre d'une dizaine de stations d'interception au sol, de deux micro-satellites, baptisés Cerise et Clémentine, mis en orbite en 1995 et 1999. En 2004, un nouveau programme, intitulé Essaim, prévoit le lancement de quatre satellites supplémentaires «d'écoute des communications en constellation rapprochée et en bande basse». Mis en orbite dans l'année, ils doivent être exploités jusqu'en 2009.
Les nouveaux satellites français visent à servir d'«indice d'alerte dans la gestion des crises, tout en favorisant l'évaluation des dommages», leur coût total étant évalué à 79,3 millions d'euros.
De plus, un nouveau «démonstrateur» (nom des "programmes" en matière d'écoute, Ndlr) national est à l'étude, avec une mise en orbite prévue en 2008 et un coût proche de 100 millions d'euros.
«Plus que jamais, l'espace, les communications et le renseignement sont au coeur de la défense de pays développés», estime le rapporteur Yves Fromion, qui souligne un renforcement de cette tendance depuis les attentats du 11 septembre 2001. Le député rappelle ainsi que la ministre de la Défense s'est dit «convaincue que l'espace représente le même enjeu aujourd'hui que la dissuasion nucléaire dans les années soixante». Ainsi, l'année 2004 verra aussi le lancement du premier satellite Hélios II A qui, en termes de renseignement par l'image, améliorera les capacités françaises, le nombre et la qualité des prises de vue.
Timidement mais sûrement, la France tente ainsi de suivre les traces, en matière de renseignement technique, des États-Unis. Ses capacités en matière de renseignement humain sont par ailleurs reconnues dans le monde entier. Mais, paradoxalement, elle manque encore de personnel.
Selon Bernard Carayon, la DGSE, qui emploie un total de 4698 personnes (civiles et militaires confondus), pâtirait ainsi d'un déficit de 50 à 100 postes par an. Les effectifs réels de la Direction du renseignement militaire (DRM) seraient quant à eux «inférieurs de 13% aux droits budgétaires ouverts», selon Yves Fromion.
Du fait des problèmes d'avancement au sein des armées, de nombreux militaires hésitent en effet à entrer à la DGSE. Les effectifs civils ont quant à eux augmenté de 15,9% depuis 1994, notamment dans les domaines de l'informatique, de l'électronique et des télécommunications, et le nombre d'ingénieurs de haut niveau est passé de 10 en 1994, à 131 en 2003. Pourtant, Yves Fromion déplore le fait que, pour ce qui est de la DRM, «le niveau des rémunérations proposées ne permet guère de rivaliser sur le marché des entreprises ni même avec certains services de l'État».
Le problème ne s'arrête pas là, selon Bernard Carayon. Le député estime que "les services de renseignement n'ont ni la place dans l'État ni l'image dans l'opinion publique qu'ils méritent". Pour rémédier à ce déficit, le rapporteur juge «indispensable que la politique de communication auprès des grandes écoles soit significativement renforcée» et propose de créer un poste de porte-parole de la DGSE. Bernard Carayon s'étonne au passage du fait que le fleuron du renseignement français «ne dispose pas d'un site Internet propre, à l'instar de ses homologues étrangers, comme la CIA».
Par Jean-Marc Manach
Jeudi 6 novembre 2003
 
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus